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Bâtir la ville de demain : quand santé publique, urbanisme et culture se rencontrent

Le premier octobre dernier, au lendemain de la journée de la nationale de la vérité et de la réconciliation, l’École de santé publique de l'Université de Montréal (ESPUM), en collaboration avec la Faculté de l’aménagement ainsi que l’Initiative institutionnelle en Une seule santé de l’Université de Montréal, organisait une Table ronde intitulée Bâtir la ville pour demain : Santé publique, climat, qualité de vie.

Pour cette occasion, le municipal, la société civile, la culture et la science ont offert une discussion inspirante autour des enjeux de la Ville de demain et des leviers existants ou à imaginer pour la rendre plus, agréable, résiliente, inclusive et équitable pour tous.

Participaient à cette discussion :

  • Julie-Maude Normandin, scientifique en chef de la Ville de Longueuil;
  • Emmanuelle Hébert, directrice générale à Culture Montréal
  • Ainsi que nos chercheurs de l’Université de Montréal :
  • Dany Doiron, professeur adjoint à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, directeur général du Consortium canadien de recherche sur la santé environnementale en milieu urbain (CANUE)
  • Shin Koseki, professeur adjoint à la Faculté de l'aménagement de l’Université de Montréal, titulaire de la Chaire de recherche de l’UNESCO en paysage urbain.

L’animation était assurée par Yan Kestens professeur titulaire à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. 

Les municipalités ont un rôle de premier plan pour assurer l’offre de services de proximité à celles et ceux qui y résident. En contexte de multicrise, leurs proximités avec les citoyens font d’elles des acteurs de première ligne pour répondre aux besoins de ces derniers. Face à la complexité des défis contemporains, notamment les changements climatiques, les inégalités sociales et la perte de biodiversité, les municipalités sont appelées à repenser leurs façons d’agir. Elles doivent explorer de nouvelles avenues où la qualité de vie devient une composante centrale de l’expérience urbaine.

À travers les échanges, les panélistes ont évoqué plusieurs pistes pour y parvenir. Parmi elles, se trouve celle de soutenir la capacité à intégrer les données probantes pour la prise de décision. Ou encore, la question de renforcer les ponts entre les savoirs académiques, citoyens, expérientiels, territoriaux, spirituels, ainsi que les perspectives autochtones et bien au-delà du symbolique, pour bâtir les villes de demain et mieux répondre aux besoins urbains, a été évoqué. Par ailleurs, la place de l’art a été identifiée comme un levier de médiation à très grand potentiel, autant que de mobilisation que de mise en lien entre les parties prenantes, pour une transformation urbaine dans laquelle la relation entre le bâti et le vivant (environnement, animal, humain) est plus résiliente et équilibrée.

Enfin, à l’heure de la polarisation des opinions et de l’exacerbation des crises, l’amélioration de la qualité de vie pour les villes de demain semble résider non seulement dans la capacité à opérationnaliser des actions concrètes, mais également dans la capacité à renforcer les liens d’écoute, de dialogue et de collaboration entre les parties prenantes. Au-delà d'un projet d'aménagement ou de gouvernance, la ville de demain se dessine comme un projet profondément relationnel, fondé sur la reconnaissance des interdépendances entre les personnes, les savoirs, les territoires et le vivant. C’est dans cette capacité à reconnaître les interdépendances et à créer des espaces d’écoute que pourrait se dessiner une transformation urbaine durable, équitable pour demain.