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Fatoumata Binta Tidiane Diallo et Rose Francesse Pierre, premières lauréates des Prix de reconnaissance des diplômé(e)s de l'ESPUM

Lauréate du Prix reconnaissance « Rayonnement et leadership » pour les diplômé(e)s de l'ESPUM, sa carrière exceptionnelle a été soulignée lors des Grandes retrouvailles le 29 septembre dernier.

Fatoumata Binta Tidiane Diallo

Rose Francesse Pierre

L'École de santé publique a honoré la carrière et l'engagement exceptionnels de deux de ses diplômées lors de la soirée Retrouvailles et reconnaissance qui se déroulait le jeudi 29 septembre à la Place des Arts. Fatoumata Binta Tidiane Diallo a reçu à cette occasion le premier Prix de reconnaissance aux diplômé(e)s catégorie « Rayonnement et leadership », et Rose Francesse Pierre celui dans la catégorie « Engagement et Implication ».

 

Fatoumata Binta Tidiane Diallo, un modèle de leadership pour la santé publique en Afrique 

D’origine Guinéenne, Fatoumata Binta Tidiane Diallo fut la première femme africaine à obtenir un doctorat en santé publique, après l'obtention de son diplôme en 1997 à l'Université de Montréal.

Après ses études, Mme Diallo a travaillé pendant quelques années en Guinée, avant d’entreprendre une carrière internationale en 1992. Elle joint alors l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour le projet conjoint du système des Nations unies et la banque mondiale  « Recherche nationale essentielle en santé » (ENHR) et le projet « Meilleure santé en Afrique ». En 1999, elle joint le bureau Régional de l’OMS pour l’Afrique comme conseillère régionale « planification, monitoring et évaluation ». En 2004, elle devient la première femme représentante résidente de l’OMS en Angola, en 2008 au Mali, en 2012 au Congo et en 2018 au Togo.

Son implication personnelle a permis la reprise de la collaboration du gouvernement congolais et ses deux plus grands partenaires financiers : le fonds mondial et le Gavi (l'Alliance du Vaccin), un organisme dont la mission vise à sauver des vies et protéger la santé des populations en assurant durablement un accès équitable à la vaccination selon les besoins et les priorités des pays.

Elle a également procédé à la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement et de distribution des produits de santé. Ce qui a rétabli la confiance des partenaires et à permis d’immuniser des millions de femme et enfants contre les maladies évitables par la vaccination et ainsi sauver des milliers de vies des malades du SIDA de la tuberculose et le paludisme.

Tout au long de sa carrière, Mme Diallo a participé à la gestion d'épidémies importantes dont la fièvre hémorragique au virus de Marbourg, l’Ébola, la polio, la rougeole, la fièvre jaune, la choléra, le monkey pox, le pian, la lèpre et récemment la Covid-19, dans des environnements très difficiles d’accès et complexes. Elle a aussi contribué à l’élimination de trois maladies tropicales négligées : le trypanosomiase humaine Africaine, le Filariose lymphatique trachome et l’arrêt de la circulation du Poliovirus sauvage.

Son leadership a été capital et remarqué, alors qu'elle soutenait la relance des systèmes de santé lors de crises socio-politique et humanitaire dans des contextes de conflits armés ou de crises politiques. En parallèle de cet engagement total à l'amélioration de la santé globale en Afrique, elle a contribué à la formation et le renforcement des capacités des écoles de santé publiques et des Facultés de médecine pour l’amélioration de la qualité de l’enseignement au personnel de la santé.

Rose Francesse Pierre : engagée pour la santé des femmes et des enfants en Haïti

Titulaire d’une maîtrise en administration des services de santé, option évaluation, de l’École de santé publique (2012), Rose Francesse Pierre est médecin et travaille en Haïti comme cheffe de projet « Appui au Continuum de santé mères-enfants », mis en œuvre par une collaboration entre l’Unité de santé internationale de l’Université de Montréal (USI) et le Centre d’Études et de Coopération internationale (CECI).

En Haïti, la question de la santé des femmes est une question complexe vécue très différemment de celle des hommes. La pauvreté, la croyance, les tabous, les différentes formes de violence (physique, psychologique et économique) et leur dépendance économique entrainent une limitation de leur pouvoir sur la gestion de leur vie sexuelle et reproductive ainsi que leur influence dans certaines décisions par rapport à leur santé.

Pour le projet « Appui au Continuum de santé mères-enfants », Rose Francesse Pierre coordonne une équipe multidisciplinaire composée de médecins, infirmières spécialisées en santé publique, de prestataires et personnel de toutes catégories. Elle doit assumer ses responsabilités dans un milieu patriarcal, gérer l’équipe et coordonner le niveau stratégique du ministère de la santé et travailler avec différents groupes organisés de femmes et d’hommes de différentes communautés. Cette tâche lui permet d’assurer que les personnes dans le besoin, surtout des femmes et leurs enfants habitant les coins les plus reculés, bénéficient des services de santé et de prises en charge de leurs urgences obstétricales diminuant ainsi la morbi-mortalité maternelle et infantile. Elle contribue chaque jour à l’intégration de la dimension « égalité hommes-femmes » dans des activités en santé et initie des activités de masculinité positives visant l’implication des hommes dans la gestion de la santé des femmes et des enfants.

Mme Pierre a notamment facilité la réalisation d’un audit de genre en vue de faire un diagnostic participatif et de promouvoir une intégration concrète et efficace en matière de genre et d’égalité des chances et des opportunités : une action qui a permis d’accroître la capacité des femmes prestataires d’identifier leurs forces et leurs faiblesses dans la promotion de la santé, planifier les progrès à accomplir et identifier les défis à relever. En retour, ces femmes se sentent valorisées et s’impliquent mieux pour promouvoir le respect des droits de la santé des autres femmes. Les indicateurs prioritaires de santé s’en trouvent améliorés.

À l’arrivée de la Covid-19, elle fut la première personne à assurer la gestion de la pandémie dans toutes les phases (sensibilisation, prévention, vaccination et prise en charge des patients malades).

Parallèlement à son engagement et la gestion de ces projets, elle facilite également la mise en place de plusieurs recherches opérationnelles pour la production de données probantes pour la prise de bonnes décisions.