Pour sa première conférence magistrale de l'année académique 2025-2026, la communauté de l'École de santé publique de l'Université de Montréal a eu l'honneur d'accueillir Lise Gauvin, professeure titulaire à l'ESPUM, qui a présenté une réflexion approfondie sur le thème « Promouvoir l'activité physique équitablement : données probantes, défis et perspectives ». Pour celles et ceux qui n'ont pu y assister, la conférence est désormais disponible en rediffusion.
Un enjeu de santé publique et d'équité
Lors de son intervention, Lise Gauvin a rappelé un paradoxe préoccupant : malgré les nombreuses preuves des effets bénéfiques de l'activité physique sur la santé, l'inactivité physique demeure élevée dans la population. Plus encore, les inégalités sociales continuent de désavantager les groupes les plus vulnérables, créant un fossé dans l'accès à une vie active et saine.
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Des approches variées pour promouvoir l'activité physique
La professeure Gauvin a examiné différentes stratégies de promotion de l'activité physique et leur efficacité respective. Si les approches visant à améliorer les connaissances, croyances et attitudes ont permis de sensibiliser les populations aux bienfaits de l'activité physique, les interventions ciblant la création d'environnements favorables démontrent un potentiel supérieur.
Parmi ces interventions prometteuses figurent l'amélioration de l'accessibilité piétonnière et cyclable ainsi que le développement d'interventions complexes visant plusieurs cibles dans divers milieux, notamment à travers les programmes et services municipaux. Ces approches structurelles semblent mieux positionnées pour augmenter l'activité physique dans l'ensemble de la population tout en réduisant les inégalités sociales.
Des avenues porteuses pour l'avenir
La conférence a également mis en lumière l'importance de créer un système intégré de promotion de l'activité physique. Ce système devrait incorporer l'évaluation continue des interventions, le partage de connaissances entre les acteurs et un cadre de gouvernance clair. Ces éléments constituent des avenues porteuses pour construire une société où l'activité physique est accessible à tous, équitablement.
Un grand merci à Lise Gauvin pour cette présentation éclairante qui nous rappelle que la promotion de l'activité physique n'est pas qu'une question de comportements individuels, mais aussi et surtout un enjeu d'aménagement du territoire, de politiques publiques et de justice sociale.
En savoir plus sur Lise Gauvin :
Lise Gauvin est professeure titulaire au Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal (ESPUM) et, chercheure et directrice adjointe à la santé des populations au Centre de recherche du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CRCHUM). Elle a complété ses études de troisième cycle en sciences de l’activité physique en 1985 à l’Université de Montréal et a détenu des postes académiques aux universités Queen’s et Concordia entre 1985 et 1999 pour ensuite entrer en poste à l’Université de Montréal en 1999. Entre 2008 et 2013, Lise Gauvin a été titulaire d’une des chaires inaugurales en santé publique appliquée des Instituts de recherche en santé du Canada. En 2015, elle a été nommée membre de l’Académie canadienne des sciences de la santé.
Son enseignement et ses travaux de recherche portent sur le développement, l’implantation et l’évaluation d’interventions complexes visant les saines habitudes de vie et les comportements d’autogestion parmi la population générale et les patients atteints de différentes maladies tout en examinant les inégalités sociales y étant associées. Lise Gauvin fait appel à de multiples approches disciplinaires (par ex. épidémiologie, psychologie sociale) et interprofessionnelles (par ex. santé publique, kinésiologie) dans son enseignement et utilise des méthodes novatrices de collecte et d’analyse des données telles l’échantillonnage d’expériences en temps réel, l’analyse multiniveaux et les expériences naturelles. Elle est engagée dans le partage et l’utilisation de connaissances avec des chercheurs, décideurs, intervenants et citoyens œuvrant en santé publique et dans les services de santé.

