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Posthumains | Quand la technologie redéfinit les limites du corps humain.

Le 4 décembre dernier, l'École de santé publique de l'Université de Montréal, en collaboration avec le Ciné Campus de l'Université de Montréal, a eu le plaisir de recevoir la réalisatrice Dominique Leclerc ainsi que Charles Dupras et Vincent Couture, professeurs en bioéthique à l'ESPUM, pour une projection suivie d'un échange Q&A autour du documentaire Posthumains.Posthumains interroge, explore, dialogue.

Ici, le documentaire Posthumains illustre également la pertinence de l'approche artistique pour soulever des enjeux bioéthiques. L'art nous permet de nous interroger collectivement et de porter ces débats dans l'espace public.

Ce dernier aspect est central dans la démarche de Dominique Leclerc qui, à travers sa propre expérience de la maladie, ouvre une brèche dans les mondes transhumanistes. Les mondes, au pluriel, car les valeurs qui les animent dépassent souvent les clivages politiques. Espoirs d'immortalité, désir d'améliorer sa condition face à la maladie : des tensions qui coexistent dans un contexte technologique et politique en mouvance.

La discussion a mis en évidence deux conceptions de la santé. Au cœur des discours transhumanistes se trouve une vision centrée sur l’individu, qui tend à effacer la dimension collective des questions de santé. La santé publique s’intéresse justement à cette dimension populationnelle : elle analyse la qualité du système de soins, l’environnement bâti et les déterminants sociaux. Alors une question émerge ici selon Vincent Couture : à quoi ressemblerait une santé publique transhumaniste ?

Les échanges ont rappelé un principe fondamental : la technologie n'est pas neutre. Les valeurs transhumanistes orientent la recherche, et ceux qui détiennent le pouvoir orientent l'application des technologies. L'université, en tant que lieu académique indépendant, a un rôle critique à jouer dans ces débats sur les relations entre savoir et pouvoir.

Qui sera inclus ou exclu des avancées technologiques appliquées à la santé ? Quels seront les impacts sociétaux de ces nouvelles technologies ? Et surtout : qui décide vers où on va, et comment faire ces choix démocratiquement ? Dans un contexte d'accélération technologique en santé, la discussion a permis d'appeler à une vision collective de la santé et à placer les questions d'équité, de ressources, de gestion de données et d'encadrement au centre des réflexions.


Découvrir les panélistes :

 

Dominique LeclercDominique Leclerc est l’autrice, la co-metteuse en scène et l’interprète principale des pièces i/O et Post Humains, toutes deux finalistes au prix Michel-Tremblay et présentées à travers le Québec et au Festival international New Drama de la Schaubühne à Berlin. Sa démarche multidisciplinaire explore les impacts des technologies émergentes sur le vivant. Posthumains, son premier long métrage documentaire, dont elle signe également la scénarisation, aborde avec nuance ces mêmes thèmes. 

 

Charles DuprasCharles Dupras est professeur et responsable des programmes de bioéthique à l’École de santé publique de l’Université de Montréal. Ses travaux portent sur les enjeux éthiques, sociaux et juridiques des innovations technologiques et biomédicales, notamment en génétique, neurosciences et intelligence artificielle. Il s’intéresse entre autres à la gouvernance des données, à la protection de la vie privée et à la prévention des discriminations sur la base de traits biologiques. Ses recherches explorent aussi les divers biais qui influencent la production scientifique, et la réflexion morale à son sujet, ainsi que les intersections entre bioéthique, éthique des sciences et des technologies, et éthique environnementale. 

 

Vincent CoutureProfesseur en bioéthique au Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, les recherches de Vincent Couture portent sur le développement et l’application de normes face aux avancées scientifiques, technologiques et sociales en santé et en sciences du vivant. Elles s’articulent autour de trois axes : l’éthique des transformations sociales liées à la reproduction humaine, l’encadrement normatif de l’intelligence artificielle et des technologies en santé, et le développement de dispositifs favorisant la participation du public à la réflexion bioéthique, souvent à l’intersection des arts.

Vous souhaitez poursuivre la discussion ? Le documentaire Posthumains est accessible gratuitement sur le site de l'Office national du film du Canada en cliquant ici.

Nous remercions chaleureusement l'Office national du film du Canada (ONF) de nous avoir gracieusement fourni le film, permettant ainsi de présenter ce documentaire à notre communauté.