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Soutenance de thèse de Andreea Adelina Artenie

Examiner l'impact des services de santé et des programmes de réduction de méfaits sur la consommation de drogues et le risque d'infection par le virus de l'hépatite C chez les personnes qui utilisent des drogues injectables

 

Vendredi 14 février de 13 h à 15 h - salle 3019

Pavillon 7101 avenue du Parc 

 

CANDIDAT :  Andreea Adelina Artenie

GRADE POSTULÉ : Ph.D.

PROGRAMME : Santé publique

OPTION : Épidémiologie

 


 JURY

Vikki Ho, Présidente-rapporteure  

Julie Bruneau, Directrice de recherche

Lise Gauvin, Codirectrice de recherche

Michaël Chassé, Membre du jury

David Buckeridge, professeur, McGill Clinical & Health Informatics, Examinateur externe

Sylvie Cossette, Représentante du doyen 

Examiner l'impact des services de santé et des programmes de réduction de méfaits sur la consommation de drogues et le risque d'infection par le virus de l'hépatite C chez les personnes qui utilisent des drogues injectables.


RÉSUMÉ : 

 

L’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) est l’un des principaux problèmes de santé publique chez les utilisateurs de drogues injectables (UDI). Bien qu'il n'existe actuellement aucun vaccin prophylactique pour prévenir l'acquisition du VHC, d'autres outils sont disponibles pour réduire le fardeau du VHC chez les UDI. Celles-ci incluent des programmes de réduction des méfaits, tels que le traitement par un opioïde agoniste (TAO), qui peuvent réduire considérablement le risque d'infection par le VHC, ainsi que des traitements antiviraux extrêmement efficaces pour éradiquer le virus parmi ceux qui sont infectés. La disponibilité de ces outils a suscité un intérêt national et international en faveur de l'élimination du VHC en tant que menace pour la santé publique d'ici 2030, tout en priorisant les UDI, car ils constituent la population la plus touchée. Parallèlement à cet effort mondial, plus globalement, le fardeau lié aux pratiques d’injection et la mortalité élevée chez les UDI soulignent la nécessité d’adopter une vision plus large sur la santé des UDI. Dans l’ensemble, cette thèse vise à aborder certains obstacles et à combler certaines lacunes dans les connaissances vis-à-vis l’élimination du VHC dans les UDI.

Premièrement, puisque le lien entre l’adéquation du dosage des TSO et le risque d’infection au VHC est peu connu, j’examine cette relation dans un échantillon d’UDI suivis dans la cohorte HEPCO à Montréal. Les résultats indiquent que le risque d'infection par le VHC ne serait pas systématiquement réduit chez toutes les personnes recevant des TAO, mais plutôt que ce risque varie en fonction de la dose prescrite et de l’adéquation du dosage telle que perçue par le patient. Ces résultats soulignent que l’élargissement de l'accès aux TAO ne serait pas suffisant pour atteindre les objectifs de prévention et d'élimination du VHC, et que l’adéquation du dosage devrait être prise en compte dans le cadre de nos efforts de prévention et d’élimination du VHC.

Deuxièmement, l’accès aux traitements antiviraux est faible chez les UDI, en partie à cause des préoccupations des prestataires et des décideurs politiques qui craignent une augmentation de la consommation de drogues et des comportements à risque après le traitement. En capitalisant sur deux études différentes - la cohorte IMPACT à Montréal et les essais SIMPLIFY / D3FEAT menées dans plusieurs pays - je montre que les comportements liés à la drogue diminuent ou restent stables après le traitement du VHC. Ensemble, ces deux études suggèrent que les préoccupations liées à une consommation élevée de drogue ou des comportements à risque après le traitement ne sont pas fondées. Ainsi, ces résultats appuient d’avantage une augmentation de l’accès au traitement chez les UDI.

Troisièmement, allant au-delà du VHC en tant qu’issue principal d’étude, en capitalisant une fois de plus sur les données collectées dans HEPCO, j’examine les associations entre trois facteurs - le TAO, le logement et le revenu - et la fréquence d’injection chez les UDI. Puisque les patrons d'injection sont généralement dynamiques et que peu d’UDI arrêtent complètement l’injection de drogues, j'examine dans quelle mesure ces trois facteurs sont liés à la fréquence d’injection chez des UDI ayant des trajectoires d’injection variées. Les résultats indiquent que les trajectoires d’injection à long terme (évaluées sur une période de 7.5 ans) varient chez les UDI : certains s’injecteraient régulièrement à une fréquence élevée, tandis que d’autres atteignent un arrêt d’injection soutenu. En dépit de cette diversité, le TAO, le logement et le revenu seraient systématiquement associées à une fréquence d'injection inférieure. Globalement, ces résultats suggèrent qu’il existe des moyens de soutenir tous les UDI à atteindre de petits changements comportementaux qui pourraient réduire les risques liés aux pratiques d’injection, peu importe s’ils seraient ou non en mesure d’arrêter l’injection de drogues.

En conclusion, alors que presque tous les pays ont lancé un effort mondial pour éliminer le VHC, des efforts sont nécessaires pour optimiser les programmes de réduction des méfaits bien établis afin de réduire la transmission du VHC, accroître l’accès le traitement ceux qui sont infectés, tout en considérant les besoins et les préoccupations des communautés touchées. Cette thèse a fourni des données permettant d’éclairer (i) l’optimisation des TAO dans la prévention de la transmission du VHC, (ii) l’élargissement de l’accès au traitement du VHC et (iii) l’accès à des logements et revenus stable afin de réduire plus globalement les risques liés aux pratiques d’injection chez les UDI. Ainsi, ces résultats pourraient aider à réduire le fardeau du VHC chez les UDI, à soutenir le progrès vers l'élimination du VHC et, plus généralement, à améliorer la santé globale de ce groupe marginalisé.

 

NB : La soutenance de thèse se déroulera en anglais